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Une Région cybersecure

Jamil Araoud, Directeur Général de Bruxelles Prévention & Sécurité (BPS)
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Jamil Araoud

Qui de nous n’a jamais entendu parler de ransomware, de phishing, d’intrusion dans des réseaux informatiques, de cyberhaine, ou encore de cyberharcèlement ?  Qui de nous n’a jamais procédé à une réservation ou un achat en ligne ? Qui de nous ne s’est jamais posé la question de savoir comment nos données personnelles, bancaires ou médicales peuvent être utilisées ?  Ces données, transmises de notre plein gré via les réseaux sociaux, les sites de paiement en ligne ou via notre carte d’identité lors de démarches administratives, sont devenues une mine d’or pour toute une série d’acteurs. Sans aborder le thème de la cryptomonnaie dans laquelle certains n’hésitent pas à investir des fortunes, cible idéale pour les hackers qui ont détourné près de 6 billions de dollars en 2018.  

Nous sommes bel et bien entrés et ancrés dans l’ère du numérique, ce monde virtuel où tout semble possible et dont les limites nous sont encore inconnues.  Devons-nous, sous peine de devenir la cible d’une attaque quelle qu’elle soit, y renoncer ? Ne sommes-nous pas tenus de bien préparer les organisations et nos concitoyens à faire face à cette nouvelle donne ?  Que nous soyons jeunes ou plus âgés, que nous soyons initiés ou pas aux nouvelles technologies, cette nouvelle révolution industrielle via le numérique et la digitalisation a bouleversé notre quotidien. Ne pouvons-nous pas aider à mieux comprendre, à devenir moins vulnérables lors de l’utilisation des nouvelles technologies ?

C’est la responsabilité de nos autorités politiques, direz-vous. Oui, bien sûr, mais pas seulement car nous sommes tous concernés par ce changement, et ce n’est qu’en encourageant la recherche, la formation, les échanges ainsi qu’une mutualisation de nos efforts et  projets que nous pouvons contribuer à une meilleure protection de nos activités en ligne.

Les autorités de la Région de Bruxelles-Capitale en sont conscientes, elles oeuvrent d’ailleurs depuis plusieurs années à  la mise en place d’outils qui pourront contrer la cybercriminalité; elles développent également  une politique de cybersécurité au niveau régional à destination de tous les partenaires de la chaîne de sécurité.

Sensibiliser les services publics ou privés mais aussi la population

La Région de Bruxelles-Capitale s’inscrit dans le concept des Smart Cities, où les objets connectés font  partie intégrante de l’environnement.  L’implémentation de nouveaux outils qui permettent la simplification administrative et la mutualisation de ceux-ci, ou encore l’usage de caméras à des fins de mobilité, de préservation de l’environnement ou  de sécurité publique, nous force  à tout mettre en œuvre pour assurer  la protection de nos données et de nos libertés fondamentales.

Le Plan Global de Sécurité et de Prévention, élaboré par et pour la Région de Bruxelles Capitale est une traduction de la volonté du Gouvernement de s’impliquer dans ces changements,  il y est clairement mis  l’accent sur la lutte contre la cybercriminalité. Les enjeux sont de taille, les attaques se multiplient et le public ciblé s’élargit un peu plus chaque jour. Les services publics ont dans ce domaine un rôle prépondérant à jouer. Pour ce faire, ils doivent être mieux informés mais surtout mieux formés afin de pouvoir répondre aux questions de la population, et faire en sorte que la mise en réseau des informations soit effectuée au service et pas au péril de celle-ci.

Dans son approche, la Région bruxelloise a souhaité associé les acteurs classiques de la sécurité (services de police, services de sécurité) et des acteurs non classiques tels que les associations actives au niveau local. Celles-ci sont aussi un maillon important de la chaîne de sécurité, elles constituent souvent le lien avec d’autres publics qui sont moins informés ou sensibilisés par rapport aux  dangers existants. À cet égard, un appel à projet leur est destiné afin d’initier des projets de sensibilisation en matière de cybersécurité.

Soutenir et guider les victimes d’une attaque cyber ou de cyberharcèlement

La prévention est évidemment essentielle, mais la résilience et le soutien des victimes le sont tout autant. Souvent, le sentiment d’incompréhension fait surface chez les victimes de cyberattaque ou de cyberharcèlement. Que faire ?  À qui m’adresser ? Suis-je réellement une victime ? Ce sont des questions qui nous reviennent  régulièrement et auxquelles les services de police ou autres services publics doivent pouvoir répondre.  

Une réflexion commune au CIRB et BPS est en cours concernant la manière la plus efficiente de collaborer avec le CERT (Cyber Emergency Response Team)  fédéral et le Cyber Centre Belge (CCB). Une des pistes étudiées pourrait se matérialiser par la création d’un CERT régional. Ce CERT régional viendra en soutien au CCB; son rôle sera de mieux cibler les infrastructures critiques de notre Région mais aussi de pouvoir  répondre aux attentes  des institutions régionales lorsqu’elles sont confrontées à une cyberattaque. Par ailleurs, l’élaboration d’un plan de cybersécurité régional est également prévu.

Orienter - Recruter et former

Enfin, il est essentiel de garder à l’esprit que la Région bruxelloise est un hub; elle concentre sur son territoire de nombreuses institutions internationales, fédérales, régionales et communales. De ce fait, la Région bruxelloise peut se positionner comme un pôle d’innovation et de développement des nouvelles technologies. Elle pourrait ainsi participer par une contribution active aux transformations digitales en cours. Recherches et développements, intelligence artificielle, codage, cryptographie,  applications publiques voire industrielles dans différents domaines : voilà autant de défis ouverts à nous.   

Dans ce contexte, notre Région constitue un vivier d’emplois dans les métiers de la prévention et de la sécurité, surtout en matière d’utilisation des technologies de pointe pour lesquels il y a pénurie de candidats, et pourtant tellement d’opportunités et de perspectives d’avenir.

Pour nombre de jeunes bruxellois en recherche d’emploi, cette nouvelle filière constitue une opportunité unique. Aujourd’hui, selon des critères établis dans de nombreuses organisations, bon nombre d’entre eux ne correspondent pas au profil requis, faute de diplôme suffisant pour pouvoir atteindre les épreuves de sélection même s'ils possèdent probablement d’autres qualités et compétences en phase avec les défis de notre siècle et de cette ère digitale.  Pour nos organisations aussi, une adaptation est nécessaire.

C’est là un des objectifs que nous souhaitons atteindre avec la mise en place d’un partenariat unique en son genre, associant employeurs du monde de la sécurité (zones de police, services de prévention communaux et régionaux) et acteurs de l’emploi et de la formation.  Pour ce faire, une école des métiers de la prévention et de la sécurité vient d’être créée; elle permettra de rassembler sur un même site les écoles liées aux métiers de la prévention et de la sécurité déjà mises en place et d’en mutualiser les ressources.  Son rôle sera aussi de mieux orienter les candidats potentiels, de les préparer à passer les tests de sélection, et de les former au métier qu’ils choisissent.  Notre souhait est de faire de cette école un centre de référence dans les nouvelles technologies et de permettre à un maximum de Bruxellois de tous horizons d’accéder à ces emplois d’avenir.

Voilà les défis qui nous attendent dans les prochains mois et années. Ils sont bien réels; nous ne pouvons que les relever, ensemble.