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2018: dystopie ou utopie ?

Bianca Debaets, Secrétaire d'Etat en charge de la Transition numérique
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Bianca Debaets

L’année 2017 n’a pas été particulièrement belle. Outre les attentats en Europe et les guerres persistantes au Moyen-Orient, nous remarquons également l’installation d’une ferme brutalité dans les interactions quotidiennes.  Je me rappelle avoir été submergée par des critiques sur Twitter lorsque notre ordonnance contre la discrimination a été approuvée au Parlement bruxellois.

Une promenade de santé, comparé à tout ce qui s’est passé l’année dernière :
Des chercheurs ont découvert qu’il est possible de cibler des personnes sur Facebook par le biais de catégories haineuses ou racistes comme how to burn Jews. Ainsi, tous les néonazis du monde entier se sont regroupés. Il semble que Facebook n’a pas, ou seulement très peu de contrôle sur le module qui crée ces catégories, aussi inhumaines qu’elles peuvent être parfois.
Plus de cinq poursuites judiciaires sont en cours contre Uber. L’entreprise a été bannie de Londres. En Europe (pas indûment) elle est recatégorisée comme une entreprise de transport et des hackers se sont emparé des données de pas moins de 57 millions d’utilisateurs.
Et que devons-nous penser d’Ancestry, un site qui propose des  tests ADN bon marché, mais qui vend ensuite vos données personnelles à des assureurs américains pour qu’ils puissent refuser certaines personnes ayant des maladies héréditaires?
 
Il est clair que toute évolution n’est pas synonyme de progrès. Nous pourrions presque croire que l’optimisme technologique des nillies (les années ‘00) s’est transformé en pessimisme technologique. Néanmoins, des règles éthiques assez simples existent également pour les nouvelles possibilités technologiques. Pour les médias sociaux par exemple: ne faites pas subir à quelqu’un quelque chose que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse. Quelqu’un vous insulte? Demandez-lui gentiment de ne pas en faire un question personnelle. Cela se reproduit fréquemment? Alors, faites taire (« mute ») cette personne. Quelqu’un tient des propos racistes ou discriminatoires? Adressez-lui la parole ou, si vous désirez le voir « disparaître », signalez-le à Facebook (qui engage 3.000 personnes afin de lutter contre les messages haineux). Porter plainte auprès d’Unia est également une possibilité. Vous estimez passer trop de temps sur les réseaux sociaux? Rendez-vous au cinéma (Bruxelles a des cinémas magnifiques!), ou allez rendre visite à un(e) ami(e) que vous n’as pas vu(e) depuis longtemps, ou engagez-vous comme bénévole.  La technologie est là pour nous, et pas l’inverse.
 
Nous ne devons pas avoir une confiance aveugle dans la technologie ou les possibilités informatiques. Nous devons le faire avec bon sens, en se fixant le bon horizon et les objectifs adéquats.
 
Proposer du wifi gratuit dans presque 200 endroits publics, nous ne le faisons pas pour notre plaisir mais parce que 15% des Bruxellois ne possèdent pas de connexion Internet fixe et que notre belle ville compte des millions de nuitées de visiteurs étrangers par an.
L’application Fix My Street est un gadget ? Non, il s’agit d’un moyen nécessaire afin de préserver notre belle Région, et de garantir ce résultat.
Notre nouveau centre de données dans lequel nos données sont stockées de la plus sûre manière possible? La sécurité garantie à 100% n’existe pas, toutefois nous devons nous efforcer de l’atteindre.
La plateforme pour les caméras ANPR que nous avons créée pour mieux suivre ceux qui transgressent les règlements et les suspects? Un moyen bon marché et efficace pour effectuer un contrôle avec le bon outil, en respectant la vie privée grâce une commission indépendante.
 
Il est primordial de donner du ressort à vos citoyens et à vos entreprise lors de toutes les grandes révolutions technologiques, et la révolution numérique est un vrai glissement de paradigme qui touche tous les domaines. Il faut leur donner les outils permettant d’en profiter et de combattre les inconvénients potentiels.
 
Tous les grands changements se déroulent comme suit : la pendule penche d’abord fortement du côté des technocrates (« la technologie changera tout ! »), ensuite du côté des technophobes (« nous devons renoncer à toute cette technologie ! ») et finalement nous nous retrouvons quelque part au milieu. Nous appliquons cela également à Bruxelles. C’est la raison de notre politique si fortement axée autour de l’inclusion numérique, et de notre récente décision d’ériger un Bureau de Transformation Numérique (Digital Transformation Office) qui assure la définition de normes dans le domaine des services numériques, la conception de principes et qui contribue à stimuler la collaboration numérique pour tous nos groupes cibles.

Ceci est visible partout dans le monde: ce sont les villes pionnières  qui ouvrent la voie, qui déclenchent l’innovation (numérique) et qui déterminent les ambitions (éthiques). Une Smart City existe pour et par les citoyens. En 2018, nous continuerons à être courageux et résistants.