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Blockchain massacre

la  technologie blockchain

la technologie blockchain

Vous êtes peut-être comme moi : vous avez toujours regardé le bitcoin comme un énième hochet pour geek, sans réelle valeur d’usage pour vous. Et si sa valeur résidait plutôt dans sa technologie, la blockchain ? En résumé : un modèle de gestion de l’information décentralisé, libre, ouvert et sécurisé, dont le potentiel disruptif dépasserait même tout ce que l’Internet a déjà pu nous apporter.


© www.lemagit.fr


Blockchain ? Rien à voir avec un cadenas. Plutôt le contraire même puisque cette technologie pourrait être la clé qui ouvrira toute grande la porte à des changements profonds non seulement dans le monde financier, puisque tout a commencé avec la cryptomonnaie bitcoin, mais aussi dans une large variété d’applications tout en rebootant la démocratie, rien que ça ! En rendant au passage certaines professions complètement obsolètes ou inutiles.

Petit rappel à tous ceux qui, comme moi, n’ont jamais effectué la moindre transaction en bitcoin. Cette « nouvelle forme d’argent », dixit le site https://bitcoin.org/fr/, reposant sur des « transactions rapides de pair à pair » et « fonctionnant sans autorité centrale », est gérée « collectivement par le réseau » en mode « libre et ouvert ». Bref, tout ce qu’il faut pour faire se dresser les cheveux sur la tête de votre banquier.

Fondamentalement, le bitcoin repose cette question qui est au cœur de la monnaie et, plus largement, de toute information échangée entre humains : la confiance. Et il en faut pour réaliser une transaction financière d’un bout à l’autre de la planète aussi simplement que vous achetez (enfin, achetiez sans doute) votre journal chez le buraliste du coin de la rue, tout en mettant sur la touche tous ces intermédiaires qui vous permettent d’utiliser vos euros sonnants et trébuchants ou votre carte bancaire.

Des milliards d'utilisateurs d'ici 5 ans

Bon, mais en quoi ceci est-il, gentiment mais sûrement, en train de nous faire basculer dans un nouveau monde ? Tout simplement parce que son architecture technologique peut être adaptée à n’importe quel échange d’informations ou presque dans ce bas monde.

Pour comprendre le fonctionnement de la blockchain, tournons-nous vers Vitalik Buterin, l’inventeur de l’ethereum (le bitcoin mais en mieux et en beaucoup plus puissant, disent les spécialistes), dans une interview donnée au journal LesEchos.fr, dont le titre en dit long : « Les blockchains géreront des milliards d'utilisateurs d'ici 5 ans. » Ce génie de 22 ans à peine décrit la chaîne de blocs comme « un réseau décentralisé de milliers d'ordinateurs partout dans le monde qui permet de faire fonctionner différents types d'applications - des devises, des systèmes pour enregistrer des actifs numériques, potentiellement plein d'autres choses -, et ce d'une façon totalement sécurisée qui ne requiert pas que vous ayez confiance en aucune de vos contreparties. En fait, c'est une couche informatique au-dessus de tout ordinateur y participant qui est un moyen de créer un système sûr à partir de composants individuels potentiellement pas sûrs ».

Vous n’y voyez toujours pas clair ? Sur ce même blog, mon collègue Hakim Hafsia a déjà jeté un coup de projecteur technique sur le concept dans son billet « Bitcoin, la révolution ». Le schéma ci-dessous emprunté au portail blockchainfrance.net devrait faire jaillir l’étincelle ou, sinon, cette vidéo : la blockchain expliquée à un enfant de 5 ans.

 

 

Pas encore convaincu ? Dans leur carte blanche « Bienvenue en 2036: vous êtes en Wallonie » (Le Soir du 3 mars 2016), trois influenceurs belges placent la blockchain dans leur tiercé prédictif, avec la voiture autonome et l’ubérisation générale de l’économie et des services publics.

Le massacre va commencer

2036 peut paraître encore loin. Pourtant, c’est aujourd’hui que ça se passe. La blockchain a déjà quitté le cercle des initiés. Pour preuve, les autorités publiques commencent à s’y intéresser. C’est le cas du gouvernement français qui (non, n’est pas resté bloqué sur la case minitel) a annoncé son intention d’ouvrir une brèche dans la législation en faveur de la blockchain. L’idée est de permettre d’expérimenter la technologie sur le marché des bons de caisse en vue de l’étendre ultérieurement au financement des PME.

Pour en revenir à Vitalik Buterin, dans la même interview aux Echos.fr, il lance cette prophétie : « Oui, des emplois vont être perdus, mais ils concernent en grande partie des gens qui gagnent beaucoup d'argent. J'espère que les blockchains contribueront à éliminer des emplois trop bien payés. »

Dans le collimateur de la blockchain se trouvent, outre les intermédiaires financiers, notamment toutes les professions qui font métier d’authentifier des actes ou des transactions dans des secteurs aussi variés que l’immobilier, les études (diplômes) ou la propriété intellectuelle (brevets, droits d’auteur en musique…), les assurances, etc. Les énergéticiens, aussi, auraient à s’inquiéter, par exemple de cette expérience citoyenne à Brooklyn qui associe blockchain et microgrid pour mettre en relation le particulier producteur d’électricité solaire et son voisin. La liste est longue et s’étend jusqu’au plus grand des grands méchants loups actuels : Uber, en voie se faire ubériser via le service Arcade City.

La blockchain et le secteur public

Il n’y a pas de raison pour que les autorités vivent à l’écart de cette révolution technologique. Dès lors qu’il est question de production ou d’échanges d’actes ou de documents authentiques, la blockchain concerne le cœur de métier des administrations publiques. Un titre de propriété immobilière, une information d’état civil, un permis de conduire… tous sont susceptibles de passer à la moulinette de la blockchain.

Déjà, le secteur privé se presse au portillon. IBM a annoncé ses premiers services blockchain hautement sécurisés pour le secteur public. Et certains pionniers s’y mettent : l’État du Delaware, déjà bien connu comme paradis fiscal des entreprises au sein des États-Unis, entend les caresser encore plus dans le sens du poil grâce à sa Delaware Blockchain Initiative.

Le Parlement européen s’intéresse également au sujet et prépare un rapport censé baliser l’approche par l’UE des monnaies virtuelles et, partant, des blockchains. Son rédacteur, le député démocrate socialiste allemand Jakob von Weizsäcker explique : « La vraie question est de savoir si et quand l'une de ces innovations capitales verra le jour, et à quel point nous sommes préparés, nous les gouvernements et les législateurs, à ce type de révolution ». La chercheuse Primavera De Filippi (CNRS, Paris) sollicitée dans le cadre de ce rapport voit dans la blockchain « une sorte de technologie de la réglementation, permettant aux lois d'être appliquées de façon plus transparente et plus efficace ».

Certains prédisent même à la blockchain un avenir dans les urnes, ou plutôt à leur place. En 2014 déjà, au Danemark, le parti politique Liberal Alliance a utilisé la blockchain pour ses élections internes. Un pas plus loin, l’Ukraine envisage d’utiliser la blockchain pour se doter d’un système décentralisé, transparent et accessible à utiliser lors de primaires, de référendums ou d’élections.

Et en Belgique ? Le 22 juin dernier, la ville d’Anvers organisait la « Blockchain-inspiratiemiddag », première du genre en Flandre, consacrée à la blockchain et à son impact sur les autorités. Tout en soulignant que cette technologie peut représenter autant d’opportunités que de menaces, les organisateurs de ce colloque concluaient : « Blockchain kan zo de ideale partner worden om de zichtbare aanwezigheid en dienstverlening van de overheidsdiensten te versterken. »

En tout état de cause, la naissance prochaine d’une Belgian Blockchain Association devrait jouer les mouches du coche pour réveiller les acteurs qui dorment encore dans l’ignorance de cette révolution en marche.


Pour approfondir le sujet :
•    How blockchains could change the world : une interview sur un blog de McKinsey
•    Blockchain : la révolution technologique qui va bousculer les institutions : une émission de Radio France
•    Quelle place, quelles ambitions pour les Belges sur le terrain du “blockchain”? : un article de regional-it.be

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