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Pas que des bits & bytes, mais aussi du cœur et de l’espoir

A l’occasion de la journée mondiale du blog
Blog Day 2016

Blog Day 2016

Cela n’a fait que quelques lignes dans le journal, l’été dernier – contrairement à divers problèmes secondaires qui figuraient en première page – mais cela m’a touchée : “17.000 emplois dans des professions en pénurie ne trouvent pas preneur”.

Le problème frapperait le plus durement le secteur IT. « Il question d’au moins 10.000 offres d’emploi » expliquait Marc Lambotte de la fédération de l’industrie technologique Agoria. En tant que Secrétaire d’Etat chargée de l’Informatique et de la Transition numérique, je ne peux m’empêcher d'être en colère.

Car contrairement à ce que l’on a déjà pu craindre, à savoir que la numérisation et la robotisation rendraient de très nombreux emplois superflus, la numérisation crée aussi de l’emploi. La Banque nationale parle même d’un effet multiplicateur de 3 emplois :  ainsi, pour chaque emploi dans la haute technologie, trois autres viendraient s’y ajouter. Il faut, bien sûr, rester prudent avec les effets multiplicateurs, mais l’OCDE a, elle aussi, calculé qu’en 2013 par exemple, 20% de la croissance de l’emploi étaient redevables au secteur ICT.

Ce n’est pas rien, surtout dans une Région comme Bruxelles, où il y a encore de très nombreux jeunes au chômage. Thomas Carlyle écrivait jadis : « A man willing to work, and unable to find work, is perhaps the saddest sight that fortune's inequality exhibits under this sun. »

C’est pourquoi nous devons non seulement investir dans les formations numériques, mais également inspirer un mindset numérique dans notre capitale. Cela peut se faire de différentes manières. Un bruxellois sur cinq ne dispose pas d’une connexion internet digne de ce nom. Faut-il, dès lors, s’étonner qu’ils n’explorent pas le monde numérique ? C'est précisément pourquoi nous proposons seize espaces publics numériques où les gens peuvent surfer, apprendre à utiliser un ordinateur et suivre des cours. C’est précisément pourquoi nous offrons aussi le wifi gratuit via plus de soixante bornes Urbizone dans des lieux publics tels que les places Flagey et Rogier ainsi que, prochainement, dans le métro. Le nombre d’utilisateurs d’Urbizone a d’ailleurs doublé – de 2.000 à 4.000 par jour – depuis que les bureaux Actiris, l’agence régionale pour l’emploi, proposent notre wifi gratuit.

Que l’on ne s’y trompe pas : la transition numérique ne transforme pas uniquement notre économie, notre mobilité,… elle transforme aussi notre marché de l’emploi. Selon les estimations de l’OCDE, le nombre d’utilisateurs des deux plus grandes plateformes pour l’emploi a été multiplié par quinze (!) au cours des dix dernières années. Si nous ne préparons pas nos citoyens à la transition numérique, ils devront la subir au lieu d’être en mesure de pouvoir se prendre eux-mêmes en main et d’en cueillir les fruits.

Je suis, en outre, convaincue de ceci : plus tôt les gens maîtriseront les instruments numériques, mieux ils seront par la suite en mesure – tant du point de vue numérique que physique – de prendre leur avenir en main. Ici, comme partout, il est primordial de partir du bon pied. Il ne sert, bien entendu, à rien de tenter d’en convaincre les enfants avec les « perspectives sur le marché de l’emploi », mais bien par le biais ludique du jeu, de la créativité et de l’esprit d’équipe. Voilà pourquoi nous avons déjà organisé à plusieurs reprises le Capital Digital, où les enfants de quartiers défavorisés peuvent apprendre de manière ludique, avec des jeunes des environs, à programmer, à encoder et à créer des jeux durant leurs vacances.

La fierté qui se lit dans le regard des parents, lorsque leurs enfants présentent leur projet à la fin de la semaine, fait vraiment chaud au cœur. On voit donc que l’ICT n'est pas que bits & bytes, mais également une question de cœur et d’espoir. Les nombreux CoderDojo, les formidables bénévoles qui les animent ainsi que Microbit, un projet que nous allons lancer sous peu proposant des ateliers à des enfants de 10 à 14 ans pour l’enseignement STEM, sont réconfortants et prometteurs.  

Il est possible de donner aux jeunes bruxellois les connaissances leur permettant de cueillir les fruits de la transition numérique, mais aussi de découvrir de nouvelles voies et de récolter ce qu’ils ont semé. C’est notamment le cas de Khadija Hamouchi, une Molenbeekoise de 26 ans et de son réseau social d’apprentissage. Et elle est loin d’être la seule. Je nourris également de grands espoirs concernant notre appel à l’organisation de hackathons.
En deux mots : si l’été est la période idéale pour temporiser un peu, pour distinguer les vraies informations du fait divers, il permet surtout de recharger ses batteries pour ensuite redoubler d’ardeur au travail dans le cadre de la Smart City et du rôle important que nous entendons y donner aux bruxellois.

 

Bianca Debaets
Secrétaire d’Etat en charge de l’Informatique et de la Transition numérique

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