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Le numérique au musée

Vous avez dit "révolution" ?
les nouvelles technologies au musée

les nouvelles technologies au musée

La dernière innovation en date - une première en Belgique - est à découvrir depuis le 18 juin au sommet de la butte du lion de Waterloo : des lunettes 3D assorties d’un casque audio permettent désormais au visiteur de revivre à 360° les mouvements des troupes napoléoniennes et alliées, les charges de cavalerie, …

Les nouvelles technologies au service de l’art, de l’histoire ou de la science ne relèvent plus du gadget. Même si les avancées en la matière restent assez timides en Belgique – beaucoup d’institutions sont encore au stade de l’audio-guide - elles n’en demeurent pas moins significatives : parmi d’autres institutions, le STAM (Gand) et le Musée des Lettres Manuscrites (Bruxelles) se sont équipés de tables multitouch ; le Mons Memorial Museum (Mons) a choisi le principe de l’hologramme 3D ; la nouvelle scénographie de In Flanders Fields (Ypres) fait notamment la part belle aux bracelets interactifs tandis que le Musée Magritte (Bruxelles) s'est équipé de visioguides en trois langues des signes. Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, quant à eux, définissent l’exposition-phare Bruegel. When art meets technology comme le résultat d’une « […] profonde réflexion sur les changements en cours dans le domaine de la muséologie, à l’ère du digital. »

Vous avez dit "révolution" ?

Quelle est la finalité de ces nouvelles technologies de l'information et de la communication qui envahissent lentement mais sûrement nos institutions et musées ? Ces procédés se veulent généralement une nouvelle forme de médiation entre le musée et le visiteur. Il s'agit indéniablement d'un facteur d'attractivité pour séduire de nouvelles cibles, plus jeunes, peu ou moins intéressées de prime abord par l'expérience muséologique. Comme le souligne Vincent Delvaux,  « [l]e multimédia, le numérique est réellement une réussite quand il est intégré, invisible, pensé en transversal, en synergie avec les oeuvres. il doit promouvoir l'approche émotionnelle, sensorielle, l'expérience augmentée, démultipliée. »*

La recette du succès

Point de départ fondamental de toute tentative d'association entre la sphère muséologique et l'univers des NTIC : les nouvelles technologies de l'information et de la communication sont à mettre au service d'un message et d'un contenu. Mesdames et Messieurs les commissaires d'exposition, attelez-vous à les définir et à les alimenter avant toute autre préoccupation, sans quoi tablettes interactives, impressions et projections 3D, applications dédiées et balises de géolocalisation se limiteront au seul aspect attractif de leur utilisation... On passe alors de dispositifs en dispositifs pour manipuler des boutons, sans parvenir à comprendre la finalité de ces opérations et le visiteur, vite lassé, passe inmanquablement à côté de l'essentiel.

Concentrons-nous donc, avant toute chose, sur que l'on souhaite communiquer avant d'imaginer les moyens et les technologies pour le faire ! Ces dernières ne devraient jamais servir à pallier les lacunes de contenu. L'avertissement vaut, encore et toujours, la peine d'être répété, car c'est encore et trop souvent là que le bât blesse.

Ceci dit, attelons-nous également au problème que pose notre tradition muséologique. Les modes de représentation des connaissances évoluent avec le temps, et nos institutions au service de la culture et de la diffusion de la connaissance ne peuvent en faire fi !

L'espace muséal doit s'actualiser, se renouveler, se réinventer. Il est donc parfois nécessaire de dépasser la tradition de manière à laisser davantage d'espace à l'imagination ainsi qu'à la création, sources d'émotion.

Les solutions technologiques doivent donc trouver une place équilibrée au musée, tout au service d'une oeuvre et d'un message à véhiculer. Et pour que cette intégration puisse être réalisée dans le cadre d'une réflexion pertinente à moyen et long termes, muséographes et scénographes devraient être idéalement sensibilisés voire formés aux nouvelles technologies de l'information et de la communication : la non-utilisation de nouveaux procédés relève souvent d'un simple manque d'information des responsables muséaux...*

La rencontre de la sphère muséologique et de l'univers des TIC devient donc inévitable et c'est tant mieux ! Le projet CHESS (Cultural Heritage Experiences through Socio-personal interactions and Storytelling) s'intéresse depuis 2011 à leur interaction réciproque. La création de réseaux entre équipes muséales et technologiques est en train de se faire également à travers la Belgique avec le projet Museomix : durant trois jours, des équipes pluridisciplinaires se retrouvent dans le cadre d'un musée pour créer ensemble des prototypes de médiation muséale, c’est-à-dire des dispositifs interactifs qui visent à enrichir l’expérience du visiteur. Les prototypes une fois réalisés sont présentés au grand public.

Envie d'en savoir plus sur Museomix et de participer à cette aventure ouverte à tous ? Vous êtes codeur, médiateur culturel, responsable de contenu, communicateur ou graphiste? Venez tester le concept le 29 juin au MAS à Anvers!

 

*Brigitte Doucet, Nouvelles technologies et musées. Oui mais comment et pour quoi faire? www.regional-it.be, 07/07/14.

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