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Séminaire Eurocities à Rennes

Interview (fictive !) de Céline Vanderborght, Smart City manager pour la Région bruxelloise
Réunion plénière, Rennes Métropole

Réunion plénière, Rennes Métropole

Journaliste : Bonjour, merci de m’accorder votre temps. J’ai entendu parler de votre mission à Rennes (“Transitioning Cities” Eurocities Knowledge Society Forum, 27-29/04/16). Alors, le voyage valait-il vraiment la peine ?

CV : Bien sûr ! Le programme m’a tout de suite plu. La première session était consacré à 3DEXPERIENCity, la plateforme 3D de la ville de Rennes, que celle-ci a mise en place grâce à un partenariat avec l’entreprise Dassault Systèmes. L’aspect le plus intéressant concerne les usages de ce type de plate-forme : comprendre le fonctionnement des systèmes urbains, tester des scénarios en mobilité ou sur la santé en fonction de la qualité de l’air, par exemple. C’est aussi un formidable outil de participation citoyenne, pour visualiser de nouveaux projets et permettre à tout un chacun de comprendre et d’utiliser des outils de visualisation 3D.

Il faut savoir que Rennes est une pionnière dans la cartographie 3D. Elle a été la première ville au monde entièrement modélisée en 3D en 1999. Rennes est le berceau de la société Archividéo, leader mondial de la création et de la gestion automatisées d’environnements urbains de grandes dimensions en 3D, et cela fait plusieurs années qu’une plate-forme de services web met à disposition des utilisateurs les données 3D de la ville.  Archividéo a été racheté par Dassault Systèmes en 2013; leur plate-forme 3DEXPERIENCity est à la pointe de ce qui se fait en termes de modélisation urbaine tridimensionnelle.

Journaliste : Il s’agit donc, si je comprends bien, d’un partenariat-privé-public par lequel Rennes Métropole met en place à moindre coût une plate-forme 3D d’envergure… Une approche qui permet à Dassault Systèmes de faire partiellement cofinancer ses recherches en modélisation urbaine, tout en écartant la concurrence !

CV : Il ne s’agit pas à proprement parler d’un PPP, mais d’un partenariat de recherche. Dassault Systèmes a comme grande idée la « virtualisation du monde ». Au départ, l’entreprise fut créée pour développer des logiciels de modélisation de pièces d’aéronautique, mais petit à petit, cette logique de modélisation s’est étendue à la conception de produits, à l’aménagement de magasins, au programme de restructuration d’usines, pour aujourd’hui travailler sur la mise en 3D de l’intérieur d’une molécule - ils travaillent sur la modélisation du corps humain ! – et enfin les villes.

La ville-métropole de Rennes, déjà très avancée en modélisation 3D grâce à Archividéo, était le partenaire idéal pour tester de nouvelles applications. Dassault apporte les logiciels, Rennes apporte les données, et chacun profite des retombées en termes d’expérience. Rennes dispose de la plate-forme comme banc d’essai et teste des projets pilotes concrets, Dassault dispose d’une référence au niveau mondial pour sa plate-forme urbaine, qu’elle pourra ensuite reproduire dans d’autres villes et ainsi se faire une place dans la secteur des smart cities.

Journaliste : Justement, parlons d’expériences et d’usages concrets. C’est un peu l’écueil de ces fameuses plate-formes urbaines en 3D, tout le monde en veut mais en réalité, personne n’en fait rien, non ?

CV : C’est vrai que c’est un problème que l’on rencontre parfois dans les projets smart city. Les technologies sont déjà en place mais il manque le plus important, c’est-à-dire les usages. Mais ce n’est pas le cas ici car Rennes utilise déjà la plate-forme pour cartographier le bruit, calculer le potentiel solaire des bâtiments, dessiner des plan locaux d’urbanisme et des plans de permis de construire. Ce qui occupe la ville-métropole de Rennes actuellement, et c’est l’objet du projet dont ils nous ont parlé, c’est l’intégration de ce système cartographique en 3D avec les autres données de la smart city : mobilité, environnement, réseaux sociaux, événements culturels… ainsi que l’utilisation de modèles prédictifs. Et là des applications sont prévues, mais non encore disponibles.

Leur premier axe de travail, en test actuellement, expérimente les aspects collaboratifs de la plate-forme pour le service de délivrance de permis de construire. L’architecte remet la maquette de son bâtiment incrusté dans son environnement réel  à l’administration locale, et celle-ci la partage avec les différentes instances concernées (voiries, pompiers, environnement) et chacun peut la modifier ou la valider directement sur la plate-forme.


3DEXPERIENCity - Simulation d’ensoleillement

Journaliste : intéressant, mais j’imagine qu’une fois de plus, à Bruxelles, nous sommes en retard sur les autres villes ?

CV : A Bruxelles aussi, nous disposons de toute la cartographie en 3D de la Région, UrbIS 3D. La modélisation 3D de l’ensemble du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale a démarré au CIRB en 2007 par une représentation simplifiée (LoD 1) des bâtiments dans le cadre d’un concours d’urbanisme organisé par l’administration régionale. En 2012, un nouveau modèle 3D ayant une meilleure résolution (LoD 2) a été élaboré à partir de photos aériennes verticales et obliques à haute résolution, combinées avec des données LiDAR. Le bâti 3D est actuellement mis à jour annuellement par photogrammétrie aérienne.


Concours International d’Urbanisme – Rue de la Loi

Nous utilisons déjà UrbIS 3D pour des analyses d’ondes de GSM, pour la visualisation d’ombres portées pour certains PPAS (Plans Particuliers d’Aménagement du Sol) délivrés par les communes, pour la réalisation de maquettes virtuelles dans le cadre de pré-projets d’urbanisme par la SLRB, par exemple, ou encore pour simuler la rénovation de bâtiments remarquables (protection des monuments et site).  D’ailleurs, la dernière réunion des utilisateur d’UrbIS en décembre 2015 avait comme sujet « Utilisation de la 3D pour la simulation de la propagation des ondes électromagnétiques » par Mme Aurélie Dierge (Bruxelles Environnement) et la prochaine réunion (juin 2016) débutera par une présentation de M. Eric Bayers (IGN) : « La 3D : définitions, usages, et perspectives à partir de l’exemple des Pays-Bas ». En plus de ces applications existantes, le CIRB étudie actuellement la possibilité de développer des services web spécifiques pour UrbIS 3D.

Journaliste : En résumé, Bruxelles avance, mais on n’est pas très innovant, n’est-ce pas ?

CV : A voir avec qui on se compare ! L’intérêt de la présentation d’une ville comme Rennes c’est que justement ils sont à la pointe dans leur domaine, et donc ils peuvent nous apprendre des choses, sur les usages de la 3D et des données de la smart city, mais aussi sur leur partenariat de recherche, qui est peut être, en définitive, l’aspect le plus innovant de ce programme. Toutes les informations et les contacts que j’ai récupérés à Rennes sont transmis aux bonnes personnes ici à Bruxelles. Et qui sait, peut-être pourrons-nous organiser une visite autour de la géomatique à Rennes, ou participer à leur partenariat de recherche avec Dassault comme ville pilote ?
Nous regardons aussi vers des sociétés très innovantes comme ForCity, une start-up lyonnaise, qui est venue présenter sa solution lors de l’événement Smart City Summit organisé par le CIRB en juin 2015.
Ils viennent de remporter le Grand Prix de l’Innovation urbaine décerné par le journal Le Monde et proposent un outil qui est une plate-forme interactive et collaborative en 3D, permettant de zoomer sur un quartier et de modifier ses caractéristiques en fonction de certains paramètres. Une réglette permet de voyager dans le temps en fonction des scénarios et des données fournis par les clients. Cela permet aux autorités d’éclairer tel ou tel choix en permettant de voir les répercussions de ces décisions sur des systèmes urbains de plus en plus complexes. C’est également une piste de développement envisagée par le CIRB.
 

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