Les cookies assurent le bon fonctionnement de notre site. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies. En savoir plus OK
Vous êtes ici : Accueil / Blog / 2015 / 12 / La réalité ? Personne ne la voit. Tout le monde la construit

La réalité ? Personne ne la voit. Tout le monde la construit

L’erreur est humaine...
être postiif ou être négatif

être postiif ou être négatif

Les relations humaines, comme vous le savez, sont complexes et souvent sujettes à débat. Nous sommes des êtres sociaux certes, mais la complexité de ces rapports humains rend souvent les relations difficiles lorsqu’il faut s’entendre, collaborer, échanger et manager. Ainsi, lorsqu’un désaccord se profile entre des intervenants, nous sommes souvent surpris de constater la divergence de vue qu’il peut y avoir entre les protagonistes par rapport à une réalité que l’on pensait être claire et limpide, mais il en va rarement ainsi.

La réalité n’existe pas, nous ne pouvons que la percevoir, mais ce faisant nous la déformons.


Comment créons-nous notre réalité ? Premièrement, par le biais de nos sens. La quantité d’informations que nous percevons et que nous pouvons traiter et stocker dans notre cerveau est limitée. Il est donc nécessaire d’effectuer un filtre, à savoir une sélection parmi l’ensemble des stimuli qui nous entourent. Sans ce filtre, la vie serait ingérable. Deuxièmement, nous construisons notre réalité en fonction de nos expériences. A titre d’exemple, une fois adulte, lorsque nous voyons une plaque à induction prendre une couleur rouge, nous en déduisons que c’est chaud et qu’il ne faut pas y mettre la main sous peine de se brûler. L’enfant, quant à lui, doit apprendre et ne fera pas ce type de déduction. La présence d’un adulte lui expliquant le danger est fondamentale. Sans ce transfert de connaissance, il est fort probable que l’enfant le découvrira à ses dépens en l’expérimentant par lui-même. 

Quelles sont les conséquences de ce postulat dans notre quotidien ? Si nos expériences nous offrent l’avantage de ne pas devoir tout réapprendre à zéro lorsque nous sommes confrontés à des situations similaires (exemple : conduire une voiture d’une autre marque que la nôtre), la perception de nos expériences peut également mener à des états de mal-être importants et générer de l’angoisse voire une véritable dépression chez l’individu.
Prenons l’exemple de Lisa, une employée qui reçoit la remarque suivante de son responsable à propos de son travail : « Il y a une erreur dans votre tableau. La somme de la seconde colonne n’est pas exacte. Merci de corriger, s’il vous plaît. ». Il y a plusieurs réactions possibles de Lisa face à cette remarque. Elle peut tout simplement se dire qu’elle a commis une erreur, que ce n’est pas grave et qu’elle fera le nécessaire pour éviter que cela se reproduise. Elle peut également se dire qu’elle est nulle, que son employeur ne peut pas compter sur elle et qu’elle va probablement perdre son emploi. Ces 2 réactions seront étroitement dépendantes de ses expériences antérieures et des représentations (pensées, sentiments, croyances, souvenirs, etc.) qu’elle s’est forgées au fil du temps.

Ainsi, percevoir est indissociable de concevoir. Quand nous percevons, cela génère des émotions et nous en créons des idées qui peuvent être positives, neutres ou négatives. Le problème survient lorsque l’idée est négative. Nous créons alors ce que l’on appelle des croyances. Ce sont ces croyances qui vont, à l’avenir, mener la danse, influencer nos comportements et notre vision du monde. Citons à titre d’exemple, les expressions suivantes : "ça n’arrive qu’à moi !", "Je n’y arriverai jamais !", etc. Qui ne les a jamais prononcées ? Pourtant, ces constructions que nous faisons de la réalité, à travers nos expériences, nous limitent fortement dans notre développement personnel et dans notre épanouissement. Tout se passe un peu comme si nous avancions avec des chaines aux mains et des boulets aux pieds qui nous empêchent de nous élever.

Reprenons l’exemple de Lisa qui pense qu’elle n’y arrivera jamais, que c’est trop dur pour elle. Eh bien se faisant, elle s’empêche de se connecter à ses ressources pour mettre en place les stratégies de résolution du problème. En persistant et en faisant de nouvelles expériences avec cette même croyance, elle va renforcer le caractère limitant de celle-ci, elle va connaître des échecs et petit à petit, elle va se forger l’idée, la preuve qu’en effet, elle n’y arrive jamais. Cela n’est, dès lors, plus une simple croyance mais cela devient une réalité, SA REALITE immuable et intangible.

La clé pour sortir Lisa de ce schéma limitant consiste à provoquer un changement d’opinion sur ses compétences. Pour y parvenir, il faut recadrer ! Recadrer, c’est apporter un nouvel éclairage sur la situation et permettre à Lisa de construire une autre perception de la réalité. Laissez-moi vous raconter cette anecdote célèbre, qui illustre parfaitement mon propos et la puissance du recadrage sur le fonctionnement d’autrui.

Lors d’une émeute parisienne au 19ème siècle, un officier reçut l’ordre de faire évacuer une place en tirant sur la “canaille”. Il ordonna à ses soldats de prendre position en mettant la foule en joue. A ce moment-là, tandis qu’un grand silence se faisait, il sortit son épée et s’écria: “Mesdames, Messieurs, j’ai reçu l’ordre de tirer sur la canaille. Mais comme je vois devant moi beaucoup de citoyens honnêtes et respectables, je leur demande de partir pour que je puisse faire tirer sans risque sur la canaille”. La place fut vidée en quelques minutes. (Watzlawick – « Changements »)

Dans le cas de Lisa, le recadrage consisterait à lui dire : « Jugerais-tu toute la valeur d’une personne sur base d’une erreur dans un tableau ? Non ? Alors pour quelle raison ton chef le ferait-il, lui ? » ou encore « Lorsque Federer met la balle dans le fillet, il commet une erreur ! Cela fait-il de lui un joueur nul ? »

L’erreur est humaine et ce n’est pas à travers une erreur que se résume toute la valeur de son travail et de sa personne. Il serait bon que nous retenions tout cela lorsqu’on reçoit une remarque ou lorsque nous en formulons une à autrui. En guise de synthèse, je citerai cette phrase qui résume parfaitement cet article :

Ce ne sont pas les choses elles-mêmes qui nous préoccupent, mais l’opinion que nous en avons ! (Epictète)
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

Question: Combien font 10 + 4 ?
Votre réponse:

Tous nos posts