Les cookies assurent le bon fonctionnement de notre site. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies. En savoir plus OK
Vous êtes ici : Accueil / Blog / 2015 / 08 / Moi, je suis très "people"

Moi, je suis très "people"

Réflexion autour de la smart city
Un vrai partenariat

Un vrai partenariat

PPPP : Public-Private-People partnership. Rebondissant sur le dernier blogpost de François Lambert, publié ici-même la semaine dernière, il m’a paru intéressant de vous présenter la manière dont le CIRB envisageait de mieux intégrer dans ses projets ces partenaires que sont les habitants de la Région Bruxelloise.

Citoyens ? Partenaires ? Oui, même si la mission première du CIRB est de répondre aux besoins des institutions publiques bruxelloises, nous ne devons pas oublier que ces mêmes services publics sont là pour aider les citoyens… ou, à tout le moins, de ne pas leur compliquer la tâche. Extrapolant cette réflexion, un projet de smart city nécessite aussi, à mon sens, l’évolution de la manière dont nous intégrons les services des entreprises privées.

Un petit pas vers les citoyens

A l’heure actuelle, le site http://smartcity.brussels est, à ma connaissance, une des seules initiatives concrètes qui s’adresse directement aux habitants de la Région de Bruxelles-Capitale au sujet des projets IT. En ligne depuis quelques mois, ce site présente les projets smart déjà en cours et vous permet, par exemple de donner votre préférence pour les prochains lieux de déploiement d’antennes Wi-Fi, de voter pour votre projet smart favori ou de faire de nouvelles propositions.

Mais d’autres pistes sont envisagées. La première consisterait à faire tester l’ergonomie de nos applications par des citoyens. Nous pensons ici directement au guichet électronique IRISbox accessible 24h sur 24 et 7 jours 7 et donnant accès à des formulaires interactifs pour l’obtention de documents administratifs (extraits d'acte ou de casier judiciaire, certificats de vie, de composition de ménage, réservation de voirie, carte de riverain/stationnement, etc.). Cette plateforme est en ligne depuis de nombreuses années mais l’avis direct de nos concitoyens nous permettrait de prendre en compte leurs suggestions d’amélioration.

Dans le même ordre d’idée, nous pourrions aussi consulter les citoyens sur les évolutions futures de ces plateformes et ce, afin d’étendre la gamme de services déjà proposée. On appelle cela la cocréation, considérée comme un mécanisme permettant l’innovation et la transformation. Ce concept existe depuis une dizaine d’années mais est aujourd’hui très à la mode. Si participer à ce genre de test ou de consultation vous intéresse, n’hésitez pas à me le faire savoir.

Impliquer le privé

La cocréation peut se faire aussi avec les entreprises privées. Dans ce cas, les difficultés sont d’un autre ordre. En effet, nous ne pouvons pas à la fois demander le concours de sociétés privées pour innover et, en même temps, ne pas les rétribuer pour les services fournis. Or, en tant qu’entreprise publique, le CIRB est soumis aux lois sur les marchés publics. Marchés publics qui nécessitent des cahiers des charges précis…pas toujours compatibles avec la recherche et l’innovation. D’autres mécanismes doivent être mis en place.

A l’heure actuelle, l’approche la plus classique consiste à créer des partenariats publics-privés pour répondre à des appels d’offres européens. Ce genre de projet permet à une ville de tester des solutions innovantes en limitant les coûts de projet. De son côté, l’entreprise privée est effectivement payée pour ses prestations. Le site https://eu-smartcities.eu/ recense ces initiatives à travers l’Europe. De tels projets sont en cours dans notre Région et le CIRB est lui-même impliqué dans plusieurs d’entre eux (ECIM, C3PO).

Mais il existe d’autres voies pour susciter l’innovation. Pas plus tard qu’hier, j’apprenais l’existence des marchés publics innovants. Je n’ai pas encore approfondi le sujet, mais il semblerait que ce soit aussi une piste pour avancer vers plus de smart city. Comme signalé plus haut, la loi sur les marchés publics amène parfois à des contraintes extrêmement rigides qui ne permettent pas vraiment l’innovation, c’est-à-dire le tâtonnement. La législation européenne semble avoir évolué pour permettre une plus grande prise de risque dans les projets pour lesquels il n’existe pas encore de solutions. La France, par exemple, intègre déjà ce type de mécanisme et oblige les administrations à l’utiliser. Je cite : « Le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi a entendu faire de la commande publique un levier au soutien de la capacité d’innovation des entreprises. La mesure 32 de ce Pacte exige ainsi qu'au moins 2% de la commande  publique de l’Etat, de ses opérateurs et des hôpitaux soient effectués auprès des petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaires (ETI) de croissance innovantes à l’horizon 2020 ».

A titre personnel, je trouverais aussi intéressant que les nouveaux projets urbanistiques à Bruxelles intègrent, dès leur conception, les infrastructures nécessaires au déploiement de solutions intelligentes et puissent servir de véritables living labs, laboratoires grandeur nature permettant de tester des solutions innovantes. Là aussi, les exemples sont nombreux à travers le monde. Vous pouvez en prendre connaissance via le site de l’European Network of Living Labs.

Mais terminons ce tour d’horizon des interactions avec le privé sur une note plus concrète pour la Région. Dans sa vision de la smart city, le CIRB a défini l’open data comme un des piliers de sa stratégie. Récemment, Agoria a clairement mis en avant le réel intérêt de l’Open Data comme moteur de développement économique (1.500 emplois et 180 millions d’euros). Bien que cela soit difficile à vérifier sur le terrain, les articles à ce sujet sont abondants. Nombreuses sont les villes qui ont déjà mis en place une politique d’ouverture des données. Des villes comme Rennes ou Gand listent d’ailleurs les applications qui ont été créées à partir de données ouvertes. Pour stimuler la création de ces applications, des hackathons sont également organisés.

Le CIRB a bien compris l’intérêt de l’Open Data puisque toutes les données UrbIS sont disponibles gratuitement et sans limitation depuis avril 2013. Mais notre ambition ne s’arrête pas là. Nous souhaitons amener d’autres institutions bruxelloises à partager également leurs données. Ce point est inscrit dans nos objectifs comme cela l’a encore été rappelé dans ce récent blogpost. L’idée derrière cet objectif est de laisser les entreprises, les communautés citoyennes, les développeurs, les startups décider eux-mêmes des services qu’ils peuvent créer à partir de ces données. Plusieurs projets sont en cours et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Garder les pieds sur terre

Mais cessons de rebondir et revenons les pieds sur terre ! La smart city est le buzzword du moment. Toutes les entreprises actives dans l’ICT en parlent. Toutes les villes veulent être smart et on ne compte plus les événements, congrès et autres workshops, organisés sur le sujet à travers le monde. La Région Bruxelloise n’échappe pas à la règle.

Au-delà de ce marketing, nous devons vraiment réfléchir à ce que nous voulons pour nos concitoyens et garder en mémoire les écueils de ce genre de concept tendance. Pour conclure, je vous conseille la lecture de cet article paru la semaine dernière sur le site de slate.fr à propos de Lyon, souvent citée comme exemple de ville smart. Bonne réflexion !

 

Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

Question: Ecrire "cinq" en chiffre.
Votre réponse:

Tous nos posts