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La ville trouve toujours son chemin

La participation citoyenne est la pierre angulaire des smart cities
une clé USB dead drop (Aram Bartholl – Flickr)

une clé USB dead drop (Aram Bartholl – Flickr)

Je suis un grand fan du professeur Ian Malcom. Mais si… souvenez-vous : ce matheux dégingandé de Jurassic Park, le 1er de la série (et le meilleur). En spécialiste de la théorie du chaos, il prophétise, dès le début du film, la catastrophe qui pend au nez de tous avec cette formule-clé : « Life always finds a way » (La vie trouve toujours son chemin). Dans la smart city aussi…

La vie. La ville. Le jeu de mots est facile, je le concède. Et pourtant : la ville et la vie sont indissociables et, dans la smart city aussi, la vie pourrait trouver son chemin. Au point de contrecarrer ou détourner les beaux plans imaginés par les spécialistes de la ville intelligente s’ils venaient à perdre de vue que les villes sont avant tout peuplées d’êtres humains. Et que ceux-ci sont d’indécrottables empêcheurs de tourner en rond.
Toutes les utopies sont vouées à l’échec. On peut donc le prédire sans grand risque à ceux qui voudraient penser la smart city comme un empilage de technologies. Mark Zuckerberg risque d’en faire les frais, lui qui a lancé l’idée de créer une Facebook City baptisée Zee-town. Cette ville privée, créée de toutes briques pour la coquette somme de 200 milliards de dollars à proximité du siège de Facebook dans les environs de San Francisco, accueillerait les 10.000 employés du premier réseau social mondial et leurs familles en leur offrant un cadre de vie premium, caractérisé par un haut niveau de services et de sécurité.

Il n'y a pas de ville “intelligente”

À des milliers de kilomètres de là, Masdar recherche habitants désespérément. Et pourtant, quelles ambitions ! « La Source » (masdar en arabe) devait devenir la première ville 5 zéros : zéro défaut, zéro carbone, zéro déchet, zéro pollution et zéro insécurité. Financée à coups de milliards de dollars par le gouvernement d’Abou Dhabi, Masdar se voulait un démonstrateur technologique à grande échelle pour quelque 50 000 habitants sur à peine plus de 5 kilomètres carrés. Mais, pour l’heure, malgré une vraie réussite en termes de climatisation naturelle en plein désert, la ville du futur ressemblerait plutôt à une ville fantôme, peuplée d’à peine 500 personnes
Quand bien même ces deux villes relèveraient le défi de se transformer en véritables ruches urbaines, seraient-elles pour autant d’authentiques cités ? Comme l’analyse Manuel Sanromá, le Monsieur Smart City de Barcelone jusque juin dernier, interviewé par le journaliste Francis Pisani, inlassable globe-trotter de l’innovation : « Il n'y a pas de ville “intelligente”. Ce sont les personnes et les communautés qui sont “intelligentes”. »
En d’autres termes, les villes ne seront intelligentes qu’à la condition de rester des villes (ou de le devenir). C’est-à-dire un agglomérat plus ou moins organisé d’hommes et de femmes dont la redoutable caractéristique est d’utiliser leur… intelligence pour modeler la ville à leur façon et, dans la smart city technologique, de détourner ou contourner les applis, réseaux, capteurs… La participation citoyenne est la pierre angulaire des smart cities. C’est sans doute la forme d’intelligence qu'il faudra s’employer à stimuler et que, du reste, les citoyens confrontés aux circonstances les plus extrêmes déveloperont le plus naturellement du monde. Le même Francis Pisani relate ainsi comment, à New York, les victimes de l’ouragan Sandy ont récolté des dons à l’aide… d’une liste de mariage d'Amazon !

Smart city orwellienne ?


Une clé USB dead drop (Aram Bartholl – Flickr)
 

Autre exemple ? L’idée d’une smart city orwellienne vous fait cauchemarder ? Afin de détourner de leurs activités, en l’occurrence de leurs échanges électroniques, les oreilles trop indiscrètes des Big Brothers en puissance, des petits malins ont imaginé le concept des « dead drops ». Rien à voir avec un quelconque jeu de la mort malsain : les dead drops ne sont rien d’autre que des clés USB. La particularité ? Elles sont scellées ici et là dans des murs d’enceinte ou d’immeubles et accessibles à tous afin de mailler « un réseau anonyme d’échange de fichiers hors ligne, de pair à pair et dans l’espace public ». L’idée a germé à New York (encore) dans le cerveau fertile d’un artiste berlinois en résidence dans la Big Apple en 2010 et, cocorico, dès la même année, Bruxelles avait sa première dead drop tout à côté de la place Flagey. Pas de doute, même dans les méandres high tech de la smart city, la ville retrouvera toujours son chemin !

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