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Bruxelles, la smart city qui s’ignore (plus pour longtemps)

Voici Bruxelles lancée pour devenir une smart city !
personnes interconnectées

personnes interconnectées

Dans sa Déclaration de politique régionale, le nouveau gouvernement régional souligne plusieurs fois le rôle des TIC dans la ville et se donne même comme objectif de faire de Bruxelles une smart city en évoquant la transition numérique de notre région. Le projet smart.brussels défendu par le CIRB dans son Livre blanc a donc trouvé un écho favorable auprès des négociateurs réunis pour donner naissance à ce gouvernement. Relever le défi demandera cependant que les mentalités évoluent du côté tant des autorités publiques que des citoyens.

Un bon mois et demi après les élections de 25 mai, les partenaires de la nouvelle coalition régionale ont rendue publique, ce 14 juillet, leur Déclaration de politique régionale. Enfin… « rendue publique » tient de l’euphémisme car, pour le citoyen lambda, mettre la main sur ce document tient de l’exploit. Alors qu’il a rapidement circulé dans les cénacles et arrière-cours politiques et médiatiques, point de publication sur Internet. Il existe, par exemple, un portail régional bruxellois qui aurait très bien pu proposer ladite Déclaration à la lecture de tous afin de laisser le citoyen juger de lui-même son contenu.
Pour le coup, on aurait pu s’attendre à moins de frilosité pour un gouvernement qui s’engage dans un chapitre entier de son accord à « révolutionner la gouvernance ». On me rétorquera peut-être : la primeur du texte devait être réservée aux élus régionaux. Dans ce cas, comment expliquer que la presse en a diffusé de larges extraits avant la discussion au Parlement ? Pour ne citer que deux exemples : la RTBF (Bruxelles: ce que dit la déclaration de politique régionale, mis à jour le 15 juillet) et, surtout, Le Soir qui en a livré les détails (Coalition bruxelloise: voici les détails de l’accord, mis en ligne le 14 juillet à 21h11) avant de mettre le document en entier en ligne (Document: l’accord de gouvernement bruxellois dans son intégralité, mis en ligne le 17 juillet 2014)

Objectif smart city


Du reste, je ne peux pas me plaindre à titre personnel : travaillant dans un OIP, j’ai eu le bonheur de pouvoir consulter le fameux document presque aussi rapidement que la presse. J’arrête donc là mes récriminations dues, pour ma défense, à ma nature gourmande et optimiste (je m’attends toujours au mieux). Car, justement, il y a dans ce texte de quoi satisfaire ce penchant idéaliste.
Dans son Livre blanc définissant une vision smart.brussels pour la Région, le CIRB l’a rappelé : « La ville du 21e siècle sera une smart city ou ne sera pas. » L’enjeu, c’est-à-dire intégrer les TIC au bénéfice du développement global de la cité, a été compris par le nouveau gouvernement. On lit notamment dans la Déclaration de politique régionale la volonté de « faire de Bruxelles une capitale du numérique » et de « faire de la transition numérique un axe fort de son programme de développement » en demandant au CIRB de « proposer une stratégie coordonnée commune d’intégration des nouvelles technologies dans tous les champs de la vie collective (gouvernance, école, santé, services numériques des entreprises, mobilité intelligente, sécurité…) ».

Sommes-nous les enfants de monsieur Jourdain ?


Voici donc Bruxelles lancée pour devenir une smart city. Devenir ? Par maints aspects, la Région peut déjà revendiquer sa place parmi les villes intelligentes ou smart cities. Il y a cependant un peu, dans la Région de Bruxelles-Capitale, du personnage du Bourgeois gentilhomme décrit par Molière sous les traits de monsieur Jourdain. Entendez par là que, sans le savoir réellement, Bruxelles n’a pas encore suffisamment conscience des bénéfices qu’elle retire des TIC au quotidien pour en jouir pleinement. Et cela nous concerne tous… Téléporté à notre époque, M. Jourdain ne s’exclamerait sans doute plus en maniant le subjonctif : « Par ma foi ! Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien... » En revanche, en possession d’un smartphone comme 1 Belge sur 2 selon une étude Havas, M. Jourdain en exploiterait-il toutes les possibilités ou se conterait-il de l’utiliser comme son bon vieux GSM ?

Manque de confiance…


Un ami généralement scotché sur Facebook (comme un bon milliard de Terriens) et qui, par ailleurs, tient la paperasserie en horreur (comment lui donner tort ?), se plaignait l’autre jour du temps qu’il avait perdu en se rendant à sa maison communale. En bon samaritain, je l’informai qu’entre deux posts sur sa page Facebook, il aurait pu surfer sur le guichet électronique IRISbox, qui lui permet d’accomplir ses démarches depuis son PC, sans avoir davantage à se déplacer que jusqu’à sa boîte aux lettres où le facteur vient déposer le document demandé. En ligne depuis… 2006, IRISbox a été complètement renouvelé l’an dernier. Quelque 43.000 bruxellois ont utilisé IRISbox en 2013 et se sont ainsi montrés un peu plus smart que leurs voisins.
On peut donc s’interroger sur le manque d’enthousiasme du public à utiliser les solutions que les TIC lui offrent. La cause est-elle à chercher dans un manque de confiance ? Je m’en faisais la réflexion l’autre jour en regardant les tableaux d’affichage sur le quai du métro. Deux rames étaient annoncées quasiment l’une après l’autre mais la masse des voyageurs a choisi de s’entasser dans la première venue. J’ai choisi d’attendre la rame suivante et profité d’un wagon quasi désert pour continuer ma lecture de Au revoir, là-haut (l’excellent Goncourt 2013, soit dit en passant).
Loin de moi l’idée de me tresser des lauriers, cependant. Utilisateur quotidien du réseau de la STIB, il m’arrive de l’emprunter aussi, en soirée, au sortir de réunions tardives d’une association dont je suis membre. Moment, où grâce à l’appli mobile de la STIB, je sais si je peux m’attarder à bavarder quelques instants ou si je dois filer prendre mon tram 51. Ceci ne fait pourtant de moi qu’un smart citoyen à moitié seulement. N’ayant pas la présence d’esprit de m’abonner au compte Twitter de la STIB, je suis resté en rade plus d’une demi-heure, un jour d’alerte à la bombe, à attendre mon 51 - encore lui ! Tort partagé : la STIB pourrait de son côté utiliser tous les canaux d’information, y compris sur ses propres quais… Personne n’est parfait !

…d’intelligence…

C’est peut-être là que le bât blesse : notre incapacité à tisser des liens entre situations et applications, besoins et solutions, à sortir de notre routine confortable pour emprunter les chemins de l’innovation. Nous ne voyons pas le sens de tout ce qui nous entoure. Et cela nous dépasse.
Nous manquons d’intelligence, de cette intelligence qui pousse un enfant qui a appris en classe que 2 + 2 font 4 à savoir appliquer l’abstraction du calcul dans toutes les circonstances pratiques de la vie. Bien que les TIC soient au cœur de notre quotidien, nous choisissons le plus souvent d’en être les simples consommateurs sans prendre pleinement en main le pouvoir qu’elles nous offrent. Nous ne faisons pas le pas d’être consomm’acteur. Bref, nous ne sommes pas assez smart.
Le diagnostic vaut aussi pour les décideurs publics. Ils sont combien, ces élus qui manient Twitter comme le nouveau forum où s’échanger des noms d’oiseau à tout va (et s’en délecter) ? Une légion, comme nous l’ont montré les récentes élections. Mais combien de communes bruxelloises qui tweetent pour dialoguer avec le citoyen et donc l’écouter ? Combien qui, sur Facebook, répondent aux interpellations des utilisateurs ou, mieux encore, laissent leur page (plutôt que simplement leurs publications) ouverte aux commentaires du public ? Moins de la moitié, même si quelques communes modèles montrent la voie à suivre, principalement sur Facebook (sauf omission de ma part, d’après un rapide tour d’horizon sur leurs sites web : Bruxelles-Ville, Evere, Ixelles, Jette, Koekelberg, Molenbeek, Saint-Gilles et Saint-Josse). Relevons aussi l’expérience de Koekelberg qui possède son compte Skype et celle d’Etterbeek, commune-pilote du service Be-Alert lancé par le Centre de Crise du Service public fédéral Intérieur.

…ou de vision ?


Et si ce qui manquait le plus, c’est une vision ? Un plan ? Une approche fédératrice qui mobiliserait chacun en Région de Bruxelles-Capitale, des autorités publiques aux citoyens en passant par l’associatif et le monde des entreprises, sans oublier celui de l’enseignement (j’espère n’avoir oublié personne) ? C’est justement une telle vision qui est esquissée dans la Déclaration de politique régionale bruxelloise. Moi, je veux bien y croire, mais je demande quand même à voir !

 

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