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CIRB et vidéoprotection à Paris

la tour Eiffel

la tour Eiffel

Le 12 juin dernier, le CIRB a effectué une mission à Paris, notamment auprès de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP). Accompagnant une délégation de la Région de Bruxelles-Capitale composée de bourgmestres, de responsables de la police et de la mobilité, le CIRB a souhaité étudier, à cette occasion, de quelle façon les TIC pourraient efficacement rencontrer, dans la Région de Bruxelles-Capitale, les nouvelles exigences citoyennes en termes de gestion de l'espace public et de sécurité.

Vidéoprotection et mutualisation

La DSPAP constitue un département de la préfecture de police française. Elle a initié, en 2008, un ambitieux plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP), finalisé durant l'été 2012. Dans ce cadre, la DSPAP poursuit des objectifs concrets : prévenir la délinquance et le risque terroriste, gérer la circulation sur les principaux axes de la capitale et leurs abords, préserver l'ordre public (notamment lors de grands rassemblements et manifestations), protéger les institutions et établissements sensibles de la capitale ainsi qu'assister les interventions d'urgence (secours, pompiers, etc.).

L'intérêt de ce projet de vidéoprotection réside dans la mutualisation des moyens utilisés par les différents services de police et la Ville de Paris. Ainsi, le plan rassemble 2500 exploitants (policiers et pompiers, opérateurs, enquêteurs, administrateurs) sur 270 postes de travail. Il se concentre en une salle centrale de commandement, trois salles de district et une cinquantaine de salles de monitoring dans les commissariats. Il a supporté le déploiement de 1500 caméras mutualisées et 10 000 caméras accessibles chez dix partenaires (dont la RATP, la SNCF et la Ville de Paris). Une mutualisation avec la protection civile permet également d'assurer la sécurité dans les airs.

Le plan de vidéoprotection pour Paris a permis 10 000 interventions et 3700 interpellations depuis octobre 2011. Ce beau succès, de l'avis même de ses concepteurs, se distingue par une série de choix sur mesure, adaptés au cadre dans lequel le projet s'est intégré:

  • Construction d'un réseau propriétaire financé par l’Etat, en partenariat avec la Ville et en concertation avec les municipalités ;
  • 500 km de fibres optiques disséminés par les égouts, au service d'une belle qualité d'image (24/sec. en temps réel ; 12/sec. en différé) ;
  • Intégration harmonieuse dans le milieu urbain ;
  • Souplesse dans l'utilisation de caméras à orientation réglable ;
  • Accès aux systèmes de vidéoprotection des partenaires, qui restent propriétaires et gestionnaires à part entière de leur système et de leurs images. Seul le visionnement de leurs données est possible ;
  • Stockage des images pendant une durée maximum de 30 jours en 3 sites géographiques différents, et archivage numérique sécurisé des séquences réquisitionnées par la Justice ;
  • Usage satisfaisant de nuit malgré l'absence de visée nocturne ;
  • Système standardisé évolutif, grâce à l’emploi de standards informatiques ouverts.

Vidéoprotection et respect de la vie privée

Si le plan de vidéoprotection pour Paris s'est rapidement révélé d'envergure peu commune (investissement initial de 87,6M €), il a inclus, dès ses débuts, une dimension éthique signifiante. Cela s'est notamment traduit par le choix de caméras analogiques sans traitement d'images, d'un mécanisme de floutage dynamique des zones privatives et de l'absence d'un dispositif de reconnaissance faciale.

Dans ce cadre, transparence et concertation ont toujours été de mise. Un comité d'éthique de la vidéoprotection à Paris fut constitué ; il élabora une charte et valida chaque étape du projet. Les élus et la population concernée contribuèrent activement à l'ajustement du plan, grâce à la tenue de plus de trente réunions de concertation en amont du projet. Actuellement, le site Internet de la préfecture de police de Paris expose en détail l'ensemble du projet aux citoyens, allant jusqu'à présenter la cartographie des caméras, arrondissement par arrondissement.

Comme en témoigne le modèle parisien, vidéoprotection et respect de la vie privée peuvent donc faire bon ménage. Profitant d'une stratégie de mutualisation rassemblant avantageusement les moyens et forces en présence, cet exemple pourrait bien devenir une source d'inspiration pour Bruxelles dans les mois à venir. La chose est d'autant plus envisageable que la Région de Bruxelles-Capitale bénéficie déjà d'une infrastructure de fibres optiques, du SPV Irisnet ainsi que d'un coordinateur de projet, le CIRB. Bruxelles est donc à même de réaliser en peu de temps une solution de vidéoprotection mutualisée.

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