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Les révélations sur le programme “Prism” : une réelle surprise ou un argument en faveur du Data Center régional ?

représentation stylisée de la terre

représentation stylisée de la terre

 

Le week-end du 8 juin dernier, beaucoup ont eu l’air de s’étonner de la révélation faite par le journal « The Guardian », à propos de programmes (nom de code « Prism ») des agences américaines de renseignements permettant à celles-ci de rassembler les données téléphoniques et les e-mails, ainsi que d’espionner les serveurs des plus grandes « majors » du monde l’internet (Facebook, Google, Apple, Yahoo,…) avec le concours de celles-ci.

Certes, les Américains s’étonneront ou s’offusqueront peut-être que leur propre gouvernement les espionnent, et encore… Ce qui est plus étonnant, c’est que les majors en question ont bafoué leurs propres règles en matière d’utilisation des données transitant par leur serveurs, ouvrant plus que probablement la voie à quelques procédures juridiques à leur encontre. Certains avocats doivent se frotter les mains…

Mais ce qui a été le plus étonnant, c’est l’effarement de ce côté-ci de l’Altantique.

En effet, le programme « Prism » n’est finalement que la matérialisation du Patriot Act voté sous l’ère Bush et revu légèrement, quelques années plus tard, par l’administration Obama, mais dont les principales mesures n’ont jamais été abrogées. Celles-ci permettent, entre autres, le rassemblement de données utiles à la lutte contre le terrorisme sans passer par la décision d’un juge et pour autant que ces données soient stockées sur le sol américain. En-dehors de celui-ci, le Patriot Act s’est souvent cassé les dents sur les législations nationales des pays où étaient situées les données.

L’étonnement européen est quelque peu hypocrite puisque chaque pays, après le 11 septembre 2001, s’est doté du même genre d’arsenal juridique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Par exemple, en France, la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (dite LOPSSI) permet l’accès aux données de connexion sans que l’injonction d’un juge ne soit requise, au contraire de l’accès aux contenus consultés. Et des lois du même type existe au Royaume-Uni, en Allemagne, en Irlande, etc., certaines allant encore plus loin que le Patriot Act.

Par contre, les révélations sur les programmes américains devraient faire prendre conscience aux responsables politiques, scientifiques, institutionnels de l’absolue nécessité de créer des « clouds souverains » pour les services et données « sensibles », sur base de datacenters publics géographiquement localisés sur une région, un pays voire une fédération de pays.

En effet, beaucoup prônent, en Europe, l’utilisation du cloud pour une question économique, sans prendre en compte les risques en matière de sécurité nationale ou de secrets industriels, par exemple. Ce dernier risque peut être illustré par le fait que le Bureau européen des brevets utilise Google Translate comme outil de traduction des demandes de brevets. On peut se demander où sont stockées ces données économiquement sensibles et qui y a accès, une fois la traduction terminée. Retournons la situation : a-t-on jamais vu une administration du Gouvernement américain stocker ses données ou utiliser un service localisé à l’extérieur de son territoire ?

La prise en compte de ces risques est certainement un argument supplémentaire à prendre en compte dans la réflexion devant mener à la mise en œuvre d’un datacenter régional au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale.

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